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Brochure d'acceuil

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Le bon choix des pigeons de base

Il n'est pas à conseiller de se procurer des pigeons chez un amateur qui joue à des distances qui ne vous intéressent pas. Ce choix mérite qu'on s'y arrête.

Nous qualifions de "vitesse" (les Anglo-Saxons disent 'sprint) les concours à des distances jusqu'à +/- 250 kilomètres; "demi-fond" de 250 à 500 kilomètres. Reste le "grand fond" qui désigne les courses en deux jours qui obligent les pigeons à passer une nuit dehors.

Si vous avez choisi la vitesse, adressez-vous à un amateur qui se défend bien à ces distances. Quasi tous les champions de l'heure ont fait leurs classes en débutant en vitesse et en demi-fond.

Si vous êtes intéressé par les longues distances par contre, adressez-vous à un champion de cette discipline. Vous ne devez pas nécessairement rechercher le plus grand champion, un bon amateur qui se défend bien fera l'affaire.

Autre conseil - Il ne faut pas d'entrée vouloir acquérir les produits des reproducteurs et payer le prix fort. Les "tardifs" (nés en août/septembre) de parents yearlings peuvent fort bien convenir. Ils réservent même quelques surprises agréables, imprévisibles pour le fournisseur autant que pour vous. Plus tard, vous pourrez vous procurer des oeufs en provenance des meilleurs pigeons voyageurs en arrière-saison. Les oeufs déposés après l'élevage d'une tournée de "tardifs" sont généralement liquidés à petit prix, ou jetés. Les qualités héréditaires de ces "tardifs" valent celles des pigeonneaux nés l'été.

Vous devrez prendre patience et leur accorder le temps de s'épanouir pour les engager directement à l'élevage par la suite. Ce n'est pas dans la seule intention de se singulariser que le grand champion français Dordin avait accroché à l'entrée de son colombier un écriteau portant 'Villa Patience'. Basez vos choix sur les résultats des concours de pigeons de votre fournisseur et non sur la sélection 'à la main'. Attendez d'avoir quelque pratique avant de vous inspirer des théories de l'aile, de la gorge, des muscles ou des yeux... du moins si cela vous intéresse.


L'élevage : base de la colombophilie

L'élevage de jeunes sains et bien venus engendre une joie intense. Elle ne fait pas seulement des heureux; elle pose les bases fondamentales de la pratique colombophile.
Les premiers oeufs sont déposés au plateau à partir de huit à dix jours après les accouplements. Dans une colonie saine, les pontes se déroulent sans problème. L'éclosion arrive dix-sept jours après la ponte du deuxième oeuf et durant quatre à cinq jours les parents (tant mâle que femelle) vont gaver leurs pipants du lait, dit pape, produit dans leur jabot grâce à l'hormone prolactine.

Après quelques jours, il faudra passer aux graines, sans avoir oublié de passer aux pipants la bague matricule qui établira leur identité. Il arrive que les fientes soient assez liquides lors de ce changement de régime. Cela provient du fait que la 'pape' ne contient pas d'hydrates de carbone mais de la graisse (environ 8 %) et des protéines (environ 14 %) alors que le mélange présenté est au contraire riche en hydrates de carbone (sucre). Certains champions tentent de remédier à ce passage difficile en offrant à leurs protégés du fromage demi vieux coupé en petits dés qui apportent graisses et protéines. Les pigeons hésiteront quelque peu à les ramasser au début, mais une fois qu'ils connaîtront ils se montreront extrêmement friands de ce petit supplément, surtout lorsqu'ils auront des jeunes au plateau.

Les jeunes pourront être sevrés (retirés des parents) vingt-trois à vingt-cinq jours après la naissance. On les rassemblera dans un endroit isolé. Comme ils aiment se serrer les uns contre les autres dans l'un ou l'autre coin, il sera utile de les poser sur un treillis plastifié, légèrement surélevé dans un endroit préservé de tout courant-d'air. Leurs fientes tomberont au travers des mailles, les pipants seront toujours propres et le nettoyage se trouvera singulièrement facilité.


Soins de santé

Jusqu' il y a une trentaine d'années, les pigeons malades posaient des problèmes inquiétants. Certains, atteint de trichomonose (appelée le 'jaune'), empêchaient tout élevage durant la saison.

De nos jours, nous disposons de médicaments et vaccin très efficaces. La maladie de nos pigeons ne peut plus nous inquiéter outre mesure.

Il existe une multitude de remèdes sécurisants contre le prétendu 'jaune' (trichomonas gallinae); qui appartiennent en majorité au groupe des nitro-imidazoles.

On trouve autant de préparations modernes pour combattre la coocidiose et le vers de toutes espèces.

Pour combattre les maladies bactériennes, le vétérinaire prescrira des antibiotiques adaptés. On recourt aux vaccins pour les maladies virales telles que la variole (poquettes) et la paramyxovirose, une variante de la peste aviaire.

Ne concluez pas, en lisant ceci, qu'il faut être expert en médecine colombophile pour réussir. Rien n'est moins vrai! Bon nombre de champions colombophiles sont des gens modestes, nullement ferrés en la matière. Ils n'hésitent pas à consulter le vétérinaire lorsqu'ils croient déceler un problème de santé au sein de leur colonie.

Par contre, ils sont doués d'un sens d'observation hors du commun. Un coup d'oeil leur suffit pour repérer ce qui ne va pas. Il est important pour le débutant de cultiver ce don, il fait partie du bagage colombophile. Pour ce faire, il devra observer le plus souvent possible et dans le calme, les pigeons au colombier.

Pour conclure cet aperçu sommaire des maladies du pigeon, nous attirons votre attention sur le fait qu'il faudra s'en tenir au strict minimum dans la distribution de médicaments. Il faut tenter, au contraire, de bâtir une souche rustique et saine, armée d'une immunité héréditaire et pour laquelle vous ne devrez pas recourir aux produits pharmaceutiques. Des pigeons sains, hébergés dans un habitat confortable, bien sec - au sol surtout - capables d'enrayer toutes atteintes parasitaires, feront votre bonheur.

C'est pourquoi, il demeure impératif de démarrer avec une souche rustique qui a fait ses preuves. Evitez donc de vous fournir au sein d'une colonie pour laquelle on a trop souvent recours à la pharmacopée.

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